Affaire Ndinga-Mbo / Zoniaba : au-delà de la polémique, une responsabilité académique partagée

Les débats suscités par les similitudes relevées entre la thèse du Dr Henry Zoniaba et l’ouvrage du Pr Abraham Coste Ndinga-Mbo ont, ces dernières semaines, pris une tournure excessivement passionnelle.

À l’issue d’une seconde analyse des éléments communiqués par le Dr Célestin Niama sur TSIELEKA TV, ainsi que d’une lecture attentive des deux œuvres en cause, il apparaît désormais nécessaire d’apporter certaines rectifications analytiques à nos précédentes publications. Cette démarche s’inscrit dans la volonté de dépasser la polémique afin de revenir à une lecture rigoureuse, fondée sur les principes fondamentaux de l’analyse et de l’éthique académiques.

Notre premier article affirmait qu’à la base des éléments en notre possession, aucun des deux ne pouvait être accusé de plagiat…
Notre deuxième publication s’est focalisée sur l’amplification médiatique de cette affaire.
Puis, il y’a eu l’analyse de cet entretien et des deux œuvres mis en cause…

Il est désormais établi que le Pr. Ndinga-Mbo a transmis à son doctorant des notes de recherche antérieures, utilisées dans le cadre de la thèse. Cette transmission exclut, de fait, l’hypothèse d’un plagiat du professeur à l’égard de son étudiant.

Toutefois, deux manquements majeurs interrogent :

Premièrement, la thèse soutenue ne cite pas explicitement les notes ou travaux antérieurs du directeur de thèse, alors même que celui-ci reconnaît en être l’auteur.

Deuxièmement, l’ouvrage publié ultérieurement par le Pr. Ndinga-Mbo ne mentionne pas non plus la thèse du Dr. Zoniaba, pourtant antérieure et soutenue publiquement sous sa direction.

Or, dans les standards universitaires internationaux, la direction de thèse implique une coproduction scientifique clairement balisée, où la traçabilité des apports intellectuels est essentielle.

La conclusion avancée par le Pr. Ndinga-Mbo appelle toutefois une clarification essentielle.

Texte sur la conclusion d'un document abordant le plagiat allégué de l'ouvrage "Les deux Congo dans l'histoire de la lutte de libération de l'Angola" par Monsieur Zoniaba, avec un appel à la rigueur académique et à l'utilisation des outils numériques pour la recherche.

Si le doctorant avait effectivement utilisé, dans sa thèse, des notes de recherche ou des formulations issues du travail de son directeur, la rigueur académique aurait exigé que ces sources soient explicitement citées dans la bibliographie.

Or, l’absence de toute référence au Pr. Ndinga-Mbo dans la thèse soutenue signifie une chose : le directeur a validé un travail qu’il reconnaissait comme relevant de la seule paternité rédactionnelle du doctorant, tant sur le plan de la phraséologie que de l’argumentation.

Dès lors, si cette thèse a été approuvée comme œuvre originale de son auteur, il revenait, lors de la publication ultérieure de l’ouvrage, d’en reconnaître l’antériorité académique en la citant comme telle.

C’est précisément cette double omission — en amont dans la thèse, en aval dans le livre — qui alimente aujourd’hui l’incompréhension et la controverse.

Plus qu’une polémique…

Cette affaire révèle donc moins un cas de plagiat stricto sensu qu’un dysfonctionnement dans la gestion de l’attribution scientifique, mettant en lumière les failles de nos pratiques universitaires en matière d’encadrement, de citation et de publication.

Plus qu’une polémique, il s’agit d’une leçon collective : la science ne se protège ni par le silence, ni par l’autorité, mais par la clarté, la traçabilité et l’éthique.


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